La commune de Trois-Palis est la mois étendue du canton de Hiersac (422 habitants). Contrairement à beaucoup de communes rurales, elle a gardé une population stable pendant plus d’un siècle et jusqu’à l’expansion de ces vingt dernières années.
Elle est bordée au sud par la Charente et comprend un plateau calcaire qui est resté longtemps inculte après la crise du phylloxera ( maladie de la vigne de la fin du siècle dernier). Elle est séparée de la commune de Sireuil par la fontaine des Allins et de celle de Linars par la vallée de Libourdeau. Elle est reliée à la commune de Nersac par un pont sur la Charente qui fait la séparation par son milieu. En 1904, lors d’une crue, le pont a été emporté par les eaux en même temps qu’un jeune homme qui se trouvait dessus à ce moment. Pendant deux ans le passage s’est effectué en bateau.
La commune possédait une fabrique de papier fait surtout de vieux chiffons. Elle appartenait à M. Barnat qui fut maire de la commune jusqu’en 1925. C’est autour de cette date qu’il vendit son usine, à une société de Paris qui la fit rénover. La veille de sa mise en marche, elle fut en partie détruite par un incendie. Elle fut rachetée par les tanneries de Sireuil qui en firent un atelier et une usine hydroélectrique ( une digue existant ) qui leur fournissait de l’électricité pour leur usine de Sireuil. Puis en définitive ils la vendirent et elle continue à faire du courant électrique pour Electricité de France.
L’école a été construite vers 1860. Elle possédait une grande classe existant encore et était mixte. L’école avait cinquante-cinq élèves environ. Il existait un certain nombre de familles nombreuses. La municipalité, pensant que le nombre important d’élèves nuisait à leur instruction normale, demanda la création d’un poste double, ce qui lui fut accordé. La seconde classe avait été ouverte à la place de la mairie et la mairie fut montée à l’étage.
C’est à ce moment que la famille Hulin fit don à la commune du bâtiment servant de garage et du terrain qui permettait d’agrandir la cour. En 1940 fut construit le préau touchant le portail et les sanitaires.
En 1945 lors d’un repas organisé pour le retour des prisonniers, le maire proposa la construction d’une salle des fêtes qui porterait le nom de « foyer » ( appellation légale du moment ) et des douches ( il n’en existait pas dans un rayon assez étendu ) et demanda si les habitants étaient disposés à faire l’effort en conséquence. Ce qui fut accepté.
En 1947 le foyer était inauguré en présence du préfet, de l’inspecteur d’académie et diverses personnalités. Il était l’œuvre de tous, toutes les familles sans exception y ayant participé par leur travail et leurs dons. Le terrain sur lequel il fut construit était encore le don de la famille Hulin.
Sur l’origine du nom de Trois-Palis nombreuses sont les hypothèses qui furent échafaudées.
Parmi celles-ci, quelques-unes prévalent :
- Le nom de Trois-Palis pourrait venir de « palud » qui signifiait marais, à moins qu’il ne provienne de « pal » qui dénommait un pieu ( au pluriel : palis ), ou encore de « paillis » qui au 13° siècle désignait une couche de paille destinée à préserver l’humidité du sol.
- Dans les veilles chartes Trois-Palis apparaît sous le nom de « Tribus-Palis ». « Tribus-Palis », à moins que ce ne soit aux origines « Ter-Palis », pourrait évoquer des pieux qui ( au nombre de trois ) signalaient un gué pour traverser la Charente à l’emplacement actuel de l’écluse de La Motte. Selon une transmission orale datant de l’écuyer Nogerée demeurant au 16° siècle à la Breuillerie, et perpétuée jusqu’à nos jours par le sieur de Rochecorail puis par Antoine Lambert ( autrefois maire de Trois-Palis ), l’équipage qui attachait sa monture le premier à l’aube était exonéré du droit de péage ; privilège accordé par Marguerite d’Angoulême qui l’avait obtenu de son frère François I°. On retrouve ce même privilège accordé par Henri IV au passage du gué sur l’Adour à Pau. Or, en béarnais pieu se dit pau !
- D’après l’ancien maire de Trois-Palis, M. Bertrand, la tradition voudrait que sur l’emplacement de l’église ait existé un temple dédié à la déesse Pallas ; déesse de la sagesse, de la science et de l’intelligence. Cette thèse serait confortée par trois statues de la déesse que l’architecte chrétien aurait placées sur la façade de l’église, or ces trois hauts-reliefs furent martelés à la révolution pour y graver l’inscription : « Temple de la raison ».
Extrait des notes de M. Bertrand (maire de Trois-Palis de 1937 à 1977)


Chargement